
Présidentielle 2023 à Madagascar, 📷 Moov
Les manifestations des 11 candidats, désormais regroupés sous l’appellation « Collectif des candidats », se sont poursuivies le lundi 11 octobre à Itaosy, une commune limitrophe de la capitale. Ils ont affirmé leur détermination à aller jusqu’au bout de leurs revendications : le retrait de la candidature du président sortant Andry Rajoelina et la mise en place de structures réellement indépendantes et transparentes pour organiser l’élection.
De son côté, Andry Rajoelina maintient sa position. Le début de la campagne électorale est prévu pour le 10 octobre 2023. La ministre de la Communication et de la culture, Lalatiana Rakotondrazafy, a annoncé lors de l’émission « Tsy ho tompon-trano mihono » qu’elle quittait le gouvernement pour se consacrer à la campagne électorale du président sortant Andry Nirina Rajoelina. Elle a effectivement quitté ses anciens bureaux le lundi 09 octobre. Aucun camp ne semble prêt à céder.
Tout a commencé avec la décision de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) de valider la candidature de 13 prétendants pour l’élection présidentielle du 9 novembre. Andry Rajoelina, candidat à sa réélection, fera face notamment à deux anciens présidents : Marc Ravalomanana et Hery Rajaonarimampianina, ainsi qu’à plusieurs anciens ministres.
Les candidats retenus sont donc : Andry Nirina Rajoelina, Marc Ravalomanana, Hery Rajaonarimampianina, Hajo Andrianainarivelo, Roland Ratsiraka, Siteny Thierry Randrianasoloniaiko, Auguste Paraina, Jean Brunelle Razafitsiandraofa, Jean-Jacques Jedidia Ratsietison, Sendrison Daniela Raderanirina, Tahina Razafinjoelina, Andry Tsiverizo Raobelina Andriamalala, Lalaina Harilanto Ratsirahonana.
La semaine dernière, dans les rues de la capitale, la gendarmerie a violemment dispersé une manifestation menée par le collectif des candidats. Les opposants à Andry Rajoelina dénoncent la mainmise de ce dernier sur les élections, l’accusant d’utiliser tous les moyens pour rester au pouvoir. Alors qu’ils tentaient d’entrer sur la place de l’Indépendance, en face du palais présidentiel, les manifestants se sont heurtés à plus de 2 000 gendarmes, qui n’ont pas hésité à les disperser à coups de grenades lacrymogènes.
Les manifestants ont essuyé les premiers jets de grenades lacrymogènes. Puis, à l’entrée du tunnel d’Ambohidahy, près de la Haute Cour Constitutionnelle, les tirs se sont succédé, accompagnés de bombes assourdissantes, semant ainsi le chaos. Le bilan est lourd du côté des manifestants. Le candidat Andry Raobelina, Rivo Rakotovao (coordinateur national du parti Hery Vaovao ho an’i Madagasikara [HVM]), et le sénateur Ndriana Michel Rakotondrainibe ont été blessés. Rapidement, le calme est revenu à Ambohidahy et aux alentours, laissant place aux premières réactions. « Nous voulons la refonte de la CENI, la mise en place d’une Cour Electorale Spéciale, un gouvernement neutre pour organiser les élections et nous ne voulons pas d’un candidat qui a une nationalité autre que malgache », a ainsi déclaré Alban Rakotoarisoa, président d’un parti politique présentant un candidat à l’élection.
Suite à cet événement, le secrétaire général du parti TIM, Rina Randriamasinoro, a été interpellé par les forces de l’ordre à Ambohijatovo et conduit à Fiadanana. Le parti de l’ancien président Marc Ravalomanana a rapidement condamné cette arrestation et a demandé la libération immédiate de son secrétaire général. De leur côté, les forces de l’ordre ont également indiqué que les manifestants avaient fait 6 blessés dans leurs rangs.
Après trois jours de calme, les manifestations ont repris de plus belle. L’ancien chef de l’État et candidat Marc Ravalomanana a été blessé à la jambe le samedi 07 octobre à Antanimena. L’état de santé du candidat Andry Raobelina, blessé lors de la première journée, nécessiterait par ailleurs une évacuation sanitaire à l’étranger. Andry Nirina Rajoelina maintient sa position et se consacrera à sa campagne électorale à partir du 10 octobre 2023. De leur côté, le collectif des candidats prévoit de poursuivre ses manifestations jusqu’à ce qu’un accord politique soit trouvé.


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