
Tout le monde le sait : les voyages en train sont relaxants. Les trains sont également plus économiques et, de très loin, plus écologiques. Les embouteillages de voitures sont omniprésents à La Réunion, provoquant pollution, retard, stress et pertes économiques. De plus, les milliers de voitures et de camions consomment du carburant provenant des énergies fossiles. Le choix de la mise en place de voies ferroviaires permettra à la Réunion de désengorger des routes.
Entre 2004 et 2010, une majorité de rassemblement progressiste dirigeait la Région Réunion, l’Alliance présidée par Paul Vergès, elle avait négocié avec l’État le financement du retour du train à La Réunion. Ce fut acté en janvier 2007, les « Accords de Matignon » signés avec le Premier ministre Dominique de Villepin. Ce projet était manifestement en phase avec les attentes de la population.
La première phase des Etats généraux de la mobilité a rappelé que le train reste toujours le moyen de transport plébiscité par les Réunionnais, à plus de 70 % comme lors d’un sondage réalisé avant les élections régionales de 2010. Cette constance de l’opinion montre le décalage des politiques publiques menées dans ce domaine avec les besoins de la population. De plus, c’est un patrimoine auquel la population est attachée.
Le chemin de fer de La Réunion est un ancien chemin de fer côtier. Construite à partir de 1878, l’unique ligne presque circulaire reliait Saint-Benoît à Saint-Pierre en passant par Saint-Denis et Saint-Paul. Au terme d’importants efforts, c’est une liaison de 126,2 kilomètres qui est mise en service le 20 février 1882. Le tracé comporte 12 gares et 27 haltes de Saint-Benoît, Saint-Denis, La Grande Chaloupe, Saint-Paul, Saint-Leu, Étang-Salé les Bains, jusqu’à Saint-Pierre. La vitesse moyenne est de 20 km/h.
Toutefois, les recettes ne permettent pas à la compagnie de payer à l’État la part des recettes brutes qui lui revient d’après la convention. En 1950, le CPR est dissous par décret. Une nouvelle compagnie, le Chemin de Fer de la Réunion (CFR) est créée en 1951, sous régie départementale. Les problèmes viendront les une à la suite des autres. Au fil des ans, des tronçons vont être fermés en raison du coût élevé dû à l’entretien (déraillements fréquents dus à l’étroitesse des voies, endommagement des infrastructures lors des cyclones) et en raison du développement du réseau routier (entre autres, route du littoral). De plus, les dirigeants de l’époque privilégient le transport par voiture au transport ferroviaire. L’exploitation va progressivement péricliter jusqu’à la fermeture définitive en 1976.
Mais il semblerait que l’histoire ne s’arrêtera pas là. Il existe une forte demande de la population réunionnaise en faveur d’un réseau régional de transport ferroviaire. Huguette Bello, présidente de Région a expliqué : « Le projet ferroviaire est en marche, nous faisons des études pour que ce projet voit le jour. Ce ne sera pas demain ou après-demain qu’il va être mis en route, mais nous en avons vraiment besoin. Nous n’avons pas assez de transport en commun, le train c’est demain ».


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