Madagascar : Dialogue de sourds entre le pouvoir et l’opposition

Un sujet récurrent. La présidence de la République par intérim fait débat depuis la démission du candidat Andry Rajoelina le 09 septembre, candidat à sa succession aux élections présidentielles. La nomination de Richard Ravalomanana comme sénateur est le dernier acte du candidat numéro 3 avant sa démission de la présidence de la République. Une décision « stratégique », selon ses dires.

Depuis la renonciation de Herimanana Razafimahefa d’endosser la responsabilité de Chef d’État par intérim, la Haute Cour Constitutionnelle a attribué « collégialement » au gouvernement l’intérim de la présidence de la République. La Cour d’Ambohidahy s’est notamment référé à l’alinéa 3 de la Loi fondamentale : « En cas d’empêchement du président du Sénat constatée par la Haute Cour constitutionnelle, les fonctions de chef de l’État sont exercées collégialement par le gouvernement ». Cette décision est contestée par ceux qui composent aujourd’hui le Collectif des candidats. Elle est le déclencheur de leur mouvement contre le processus électoral dans sa configuration actuelle.

Lors de la 14ème journée de marche de manifestation dispersée, des enfants asphyxiés après les jets de gaz lacrymogènes et des blessés parmi les partisans du Collectif des candidats ont été admis dans un centre de santé local à Itaosy. Cette marche a été réprimée suite à de nouvelles dispositions qui ont été prises par la préfecture de police, « à partir du jeudi 19 octobre 2023, toute manifestation en dehors de la campagne électorale doit impérativement éviter de perturber l’ordre public, y compris la libre circulation dans la capitale », écrit-il dans cette correspondance. Les manifestations et les attroupements politiques dans les rues seront donc dorénavant interdits par l’Etat, si ce n’est pas pour faire de la propagande dans le cadre de l’élection du 16 novembre prochain.

De son côté, le 20 octobre, le candidat numéro 3, Andry Rajoelina a fait une émission télévisée pour faire appel à l’apaisement et pour la marche du pays vers le développement. Pour lui, la demande de restructuration de la CENI est une chose absurde. Il fustige que « si on ne fait plus confiance en les institutions, sur qui va-t-on pouvoir se reposer ». Il fustige également ce qu’il appelle « la violence » de certains candidats, en prenant exemple sur le véhicule blindé de l’ancien président Marc Ravalomanana qui a supposément percuté une concitoyenne et conduit à sa mort. « Les violences suffisent, il est maintenant temps de se concentrer sur l’élection qui approche à grands pas », explique-t-il. Il prévoit de faire un discours chaque soir à 19 h 30 pour donner des « informations nécessaires » à la population. Ce même jour, du côté d’Ambohipo, la femme du chauffeur du candidat à la présidentielle Marc Ravalomanana a été arrêtée chez elle, l’enquête est en cours pour savoir le motif de cette arrestation.

Ces derniers jours, une capture d’écran qui a fait le tour sur les réseaux où il est indiqué que le gouvernement collégial a passé l’intérim de la présidence de la République au général retraité Richard Ravalomanana, récemment élu président du Sénat. L’information a été formellement démentie par les sources gouvernementales. Jusqu’ici, la cour d’Ambohidahy n’a pas répondu aux requêtes déposées par Herimanana Razafimahefa, dont celle sur l’intérim à la présidence de la République tandis que l’élection du nouveau président de Sénat lui, pourrait amener la HCC à émettre une nouvelle décision. Tel était l’objet du conseil des ministres qui s’est tenu à Mahazoarivo le 20 octobre, le débat était consacré à la question posée par la Haute Cour Constitutionnelle de la remise ou de la restitution éventuelle des fonctions de chef d’Etat par intérim au nouveau président du Sénat.

De son côté, la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) obtient un financement par la République de Corée au Basket Fund géré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). L’Ambassadeur de la République de Corée à Madagascar, Son Yongho, et la Représentante résidente du PNUD, Natasha van Rijn, ont procédé à la signature d’une convention de financement et l’ont rendu officiel le 20 octobre. Ce montant s’élève à 135 000 dollars. Il contribuera à doter CENI de fournitures de bureau ainsi que de matériels informatiques nécessaires à la préparation des élections présidentielles 2023. La Corée réitère son amitié indéfectible pour Madagascar et sa participation au Basket Fund du PNUD prouve son engagement à accompagner et appuyer le Gouvernement Malagasy et la CENI dans l’organisation d’une élection présidentielle inclusive, transparente et crédible. Elle soutient la tenue de l’échéance électorale afin de garantir le respect des principes démocratiques et de la Constitution.


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