
La Société anonyme d’Habitations à Loyer Modéré de la Réunion (SHLMR) a été créée le 1 janvier 1971, son objectif est pour l’État de loger des personnes ou des familles qui ont des ressources trop faibles pour le faire dans le parc privé. La politique en matière de logement social vise également à favoriser la mixité sociale dans les quartiers et à réduire les inégalités territoriales. Il s’’adresse à des ménages à faible revenu qui sont sélectionnés en fonction de leur condition socio-économique. Il permet aux locataires de payer un loyer correspondant à 25 % de leur revenu. Il y a également « Les villas urbaines durables », une opération initiée en 2008 dans un partenariat entre la DEAL (Direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement), la commune et la SHLMR visant à une inscription durable. Il répondait à un appel à expérimentation du programme VUD (Villa urbaine durable) lancé par le Plan urbanisme construction architecture (PUCA) du ministère des transports, de l’équipement, du tourisme et de la mer. Son L’objectif visait à la fois à une densification et une mixité des logements dont « la qualité environnementale ne peut être dissociée de la qualité architecturale ».
L’opération « Villas urbaines durables » de la SHLMR au Guillaume Saint-Paul, qui se voulait un modèle, était un fiasco. Moins de dix ans après leur livraison une grande partie des logements sont devenus indécents, voire insalubres pour au moins deux d’entre eux. Une situation dénoncée par la confédération nationale du logement (CNL) de La Réunion qui compte saisir la justice.
Le groupe d’habitation « Villas urbaines durables », livré en 2014 et 2015 au Guillaume, fait partie des « 135 immeubles de moins de dix ans épinglés par la CNL avec des logements indécents », souligne Erick Fontaine de la CNL. Infiltrations et moisissures occasionnant des problèmes de santé pourrissent la vie des locataires dont la sécurité est menacée par des plafonds qui menacent de s’effondrer. Ainsi « les réflexions liées à l’accessibilité, l’énergie, l’acoustique, l’eau, le traitement des déchets et des effluents doivent être intégrés très en amont », lit-on dans le bilan d’appel à proposition d’expérimentation du PUCA.
D’autant plus que 863 100 personnes résident à La Réunion depuis le recensement du 01er Janvier 2020. La population augmente de 0,4 % en moyenne par an depuis 2014, un peu plus vite que celle de la France métropolitaine (+ 0,3 %). La croissance démographique de l’île est cependant moins forte qu’entre 2009 et 2014. En effet, l’excédent des naissances sur les décès se réduit un peu avec le vieillissement de la population. De plus, sur la période récente, les départs de l’île sont plus nombreux que les arrivées. Les Réunionnais âgés d’au moins 65 ans sont 62 000 aujourd’hui. Ils sont trois fois plus nombreux qu’au début des années 80. La population réunionnaise vieillit et en un quart de siècle, la croissance des plus âgés s’est accélérée. Elle reste néanmoins moins rapide que celle attendue d’ici 2040 où l’île comptera 219 000 seniors. Le taux de dépendance économique des personnes âgées, qui mesure le rapport de la population âgée sur celle en âge de travailler, serait alors de 35 %.
Face à cela, Cyrille Melchior, président de Département désigné par l’Association des Départements de France réclame des moyens financiers adaptés face aux enjeux du vieillissement de la population et du handicap de La Réunion. Il a participé au comité des financeurs organisé par la ministre Aurore Bergé (Ministre des solidarités et des familles) en présence de Fadila Khattabi (Ministre déléguée chargée des Personnes handicapées). Cela lui a permis de rappeler la situation très particulière de La Réunion et de défendre la nécessité de considérer que le vieillissement de la population va impacter fortement nos moyens financiers, ne nous permettant pas de répondre aux besoins de nos personnes âgées et en situation de handicap. Les ministres se sont montrées à l’écoute de notre situation.
Ce comité est une instance utile pour aborder les sujets de financement des Départements. La Ministre Aurore Bergé a confirmé dès 2024 un soutien aux Départements.
« Je continue à défendre notre spécificité et nos ambitions, et à travailler dans l’intérêt des Réunionnais », dit-il.


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