
L’éducation est un droit fondamental. C’est un puissant vecteur de développement et l’un des meilleurs moyens de réduire la pauvreté et participe à la stabilité du pays. L’éducation permet à l’enfant de s’insérer dans le tissu socio-économique local et d’accéder à un emploi stable et durable. Elle stimule la productivité, l’innovation et l’entreprenariat. Toutefois, Mayotte est en proie d’une crise éducative, le système scolaire mahorais ploie sous l’accroissement démographique, dû notamment à l’immigration et le manque d’infrastructures. Les établissements sont saturés et le taux d’accueil scolaire ne cesse de croître, ce qui représente une hausse de 3,9% en 2022 par rapport à l’année précédente. Dans ce département français de l’océan Indien, selon la Défenseure des droits, Claire Hédon, ils seraient « plus de 15 000 enfants » à ne pas avoir accès à une scolarité classique. Une association leur vient en aide alors que les écoles de l’île sont saturées et que le rectorat a bien conscience du problème. Une étude de l’université Paris-Nanterre, publiée en février, estime plutôt entre 5 379 et 9 575 le nombre de ces enfants non scolarisés et âgés de 3 à 15 ans révolus alors qu’ils sont en droit de l’être, dans une île où près de 50 % des habitants ont moins de 18 ans et où la population augmente d’un peu moins 4 % par an. A la rentrée 2022, 112 196 élèves ont été accueillis, dont 54,2 % dans le primaire. Un chiffre record dans ce département d’outre-mer. C’était 3,9 % d’élèves de plus qu’en 2021.
Ces enfants non scolarisés appartiennent à la population la plus vulnérable de ce territoire, issue de l’immigration clandestine venue des Comores, de Madagascar, des pays de la région des Grands Lacs du continent africain. Ces familles résident dans les nombreux bidonvilles des pentes de l’île, souvent sans eau et sans électricité. Il revient aux parents d’inscrire leurs enfants à la mairie ou de s’adresser aux associations lorsque les places manquent à l’école. Mais les familles sont parfois mal informées, ou absentes. Depuis des années, le manque de place a conduit près de 40 % des écoles à fonctionner « en rotation » : une moitié des élèves vient le matin, l’autre l’après-midi. Le territoire comprend 186 écoles maternelles, élémentaires et primaires réparties dans 11 circonscriptions (il en existait 3 en 2001) qui comptent chacune entre 4 500 et 6 000 élèves. Une circonscription supplémentaire couvre le champ de l‘adaptation scolaire et de la scolarisation des élèves handicapés (ASH). Les effectifs dans les écoles maternelles sont en légère hausse, conséquence de l’obligation de scolarisation des 3-6 ans. Tandis que, l’académie compte 22 collèges et 11 lycées polyvalents appartenant à trois bassins de formation différents. Les effectifs dans le 2nd degré sont en constante augmentation, notamment au niveau des lycées où le Rectorat s’est engagé dans la lutte contre le décrochage scolaire et d’orientation vers des voies de professionnalisation des élèves qui jusqu’à présent sortaient du système éducatif sans diplôme.
Actuellement, un vaste chantier de constructions, de rénovations et d’agrandissements des établissements scolaires de l’île est en cours (le futur lycée des métiers de Longoni, les lycées de Kwalé, Chirongui et M’tsangamouji, la restructuration des collèges de Tsimkoura et de Kani-Kéli). C’est l’un des enjeux majeurs du système éducatif à Mayotte pour répondre aux sureffectifs encore constatés. Des cuisines centrales et satellites vont voir le jour, pour le bien-être de nos élèves, mettant fin au système de collations existant.


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