La Réunion : Des violences urbaines liées à Halloween

Halloween est une fête folklorique et païenne traditionnelle originaire des îles anglo- celtes célébrée dans la soirée du 31 octobre, veille de la fête catholique de la Toussaint. La fête catholique de la Toussaint tire son origine d’une commémoration de tous les martyrs instituée à Rome en 613 par le pape Boniface IV ; à l’origine, elle était fêtée le 13 mai, jour anniversaire de la consécration chrétienne du Panthéon. Elle remplaçait la fête des Lemuria de la Rome antique célébrée à cette date pour conjurer les spectres malfaisants. Au IXe siècle, la fête fut étendue à « tous les saints » par le pape Grégoire iv et décalée au 1er novembre. Les historiens considèrent généralement que cette date a été choisie pour christianiser la fête de Samain. Certains spécialistes considèrent toutefois les festivités de la « veille de la toussaint » comme devant exclusivement être rattachées à la tradition chrétienne et récusent toute origine païenne à ces célébrations. La fête d’halloween est introduite aux États-Unis et au canada après l’arrivée massive d’émigrants irlandais et écossais notamment à la suite de la grande famine en Irlande (1845-1851). Elle y gagne en popularité à partir des années 1920 et c’est sur le nouveau continent qu’apparaissent les lanternes jack-o’-lanterns confectionnées à partir de citrouilles, d’origine locale, en remplacement des navets utilisés en Europe. elle est aujourd’hui célébrée principalement en Irlande, en Grande-Bretagne, aux États-Unis, au canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Elle est dans une moindre mesure fêtée dans de nombreux autres pays influencés marqués par une américanisation de leur culture. La tradition moderne la plus connue veut que les enfants se déguisent avec des costumes effrayants à l’image des fantômes, des sorcières, des monstres ou des vampires et aillent sonner aux portes en demandant des friandises avec la formule : trick or treat! qui signifie « des bonbons ou un sort ! ». la soirée peut également être marquée par des feux de joie, des feux d’artifice, des jeux d’enfants, la lecture de contes horrifiques ou de poèmes d’halloween, la diffusion de films d’horreur mais aussi la tenue de messes anticipées de la toussaint dans sa composante strictement religieuse.

Depuis quelques années, elle a été importée à La Réunion après un transit par la France. Des enfants déguisés viennent sonner aux portes pour demander des bonbons ne posent pas problème, bien au contraire. La Réunion est en effet un pays ouvert aux influences culturelles venues d’ailleurs puisque le peuple réunionnais est un peuple d’immigrés. Mais là où ça ne va pas, c’est à cause d’une pratique française liée à Halloween : les violences urbaines. La nuit du 31 octobre au 1er novembre est le moment choisi par des hooligans pour incendier des véhicules sur la voie publique. Le phénomène a pris une telle ampleur en France que le nombre de voitures brûlées n’est plus rendu public, par crainte que cela entraîne une course à la surenchère d’année en année. C’est à cause du risque d’importation de cette déviance que la préfecture a pris des mesures drastiques, notamment l’interdiction de vendre du carburant qui n’est pas versé directement dans le réservoir d’un véhicule, et de vendre de l’alcool pendant 24 heures à compter du 31 octobre à 6 heures.

Près de 650 policiers et gendarmes étaient mobilisés cette nuit du mardi 31 octobre 2023 sur l’ensemble de l’île de La Réunion pour la sécurité de tous, afin d’éviter tout trouble à l’ordre public nuisant à la soirée festive d’Halloween. Les violences urbaines ont été plus limitées que l’an passé et concentrées sur les secteurs habituellement concernés sauf que cette soirée d’Halloween 2023 a été marquée par « des violences plus limitées » qu’en 2022, indique la préfecture. Une cinquantaine d’incendies sont à déplorer et quelques échauffourées dans « les secteurs habituellement concernés ». Les pompiers du SDIS 974 ont été mobilisés sur une cinquantaine d’incendies dans toute l’île : des feux de poubelles aux feux de végétation et de détritus puis sont intervenus pour trois feux de véhicules. Au Port, les pompiers et les forces de l’ordre ont été visés par des jets de galets sans qu’il n’y ait de blessé à déplorer.

Selon Manuel Marchal, enseignant en journalisme, il s’agit d’une importation de phénomènes de violences de la France vers La Réunion vu qu’à Madagascar ou à Maurice, il n’y a pas de voitures brûlées à l’occasion du passage au mois de novembre. Ceci traduit donc l’aliénation dont est victime une grande partie du peuple réunionnais, prisonnier d’une relation exclusive avec la France, présentée comme le modèle à suivre. A force de faire entrer cela dans la tête des Réunionnais, certains importent dans l’île les déviances observées en France. Il est grand temps donc de se réveiller et de cesser d’importer à La Réunion des débats de France sans aucun rapport avec notre réalité, avant que cette aliénation mène à des catastrophes qui peuvent nuire à la fragile cohésion de la société réunionnaise. Face à cela, ce 1er novembre, le représentant de l’État fait le bilan dans un communiqué diffusé à la presse : »19 interpellations ont été réalisées par les forces de l’ordre, avec 13 gardes à vue à l’issue, afin de disperser les attroupements et de faire cesser les violences, jets de projectiles ou incendies ».


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