Madagascar : Une semaine décisive pour le collectif et les candidats en campagne

L’élection présidentielle malgache de 2023 est prévue  le 16 novembre et 20 décembre afin d’élire le président de la république de Madagascar. Nous sommes actuellement à une semaine décisive pour le collectif et les candidats en campagne.

La Place du 13 mai, située juste en face de la mairie d’Antananarivo, reste inaccessible pour le Collectif des candidats, les revendications ne changent pas pour le collectif, la disqualification de Andry Rajoelina et la restructuration de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), la création d’une Cour électorale spéciale pour plus de transparence dans le processus électoral. Les deux entités constitutionnelles actuelles, la HCC (Haute Cour Constitutionnelle) et la CENI, en tant qu’arbitre et organisateur des élections étant pointées du doigt par le collectif et bon nombre d’observateurs politiques pour leur manque d’impartialité. Samedi 4 novembre 2023, les dix leaders et leurs partisans ont à nouveau tenté d’investir ce lieu symbolique, Antaninandro, Behoririka et Tsaralalana étaient les principaux lieux d’affrontements lors de la manifestation. C’était en effet les points de ralliement des manifestants pour la Place du 13 mai, ils se sont répartis sur ces trois endroits pour conduire leur mouvement, mais ils ont été repoussés par les forces de l’ordre qui les attendaient. Le Collectif maintient la pression sur le gouvernement de transition et les magistrats de la Haute Cour Constitutionnelle en multipliant les manifestations et les marches pour tenir un meeting sur la Place du 13 mai.

Pendant ce temps, Andry Rajoelina, le Chef de l’État sortant, poursuit sa campagne loin de la capitale, seul Siteny Randrianasoloniaiko, ex-membre du collectif, a décidé de se lancer dans la course du premier tour de l’élection présidentielle. La campagne électorale s’intensifie avec les gros moyens utilisés. Ils tentent de rassembler la foule lors de leur meeting politique afin de convaincre l’opinion sur leur force respective. Spectacles, campagnes de communication sur les médias traditionnels ou les réseaux sociaux, sont principalement leurs armes de prédilection.

D’autre part, la HCC, comme les autorités civiles et militaires affirment que les électeurs pourront voter en toute quiétude le 16 novembre. Ils invitent les candidats du Collectif à « se concentrer sur l’élection. Les troubles ne conviennent pas aux compatriotes et à la vie quotidienne des gens », confie le général Angelo Ravelonarivo, préfet de police Général. D’autant plus que ce 06 Novembre, à Analakely, Jean-Jacques Ratsietison a été arrêté  par les gendarmes, selon eux, le candidat a été interpellé pour enquête suite aux évènements de samedi dernier. Vu que 14 personnes ont été arrêtées lors de ce face-à-face entre les manifestants et les forces de l’ordre et de sécurité dans différents quartiers aux alentours d’Analakely. Étant donné que Jean-Jacques Ratsietison figure parmi les leaders de ce mouvement, la gendarmerie a annoncé  qu’il a été interpellé afin de l’interroger sur ce sujet. En effet, avec Hajo Andrianainarivelo, Roland Ratsiraka et Tahina Razafinjoelina, Jean-Jacques Ratsietison a participé activement à la troisième tentative du Collectif des candidats de descente sur la Place du 13 mai. Le numéro Un du FMI Malagasy a été relâché vers le début de la soirée.

De l’autre côté, le président de la CENI, Dama Arsène Andrianarisedo, a reçu également ce 06 Novembre, dans son bureau à Alarobia, la Fédération des associations des aveugles de Madagascar. Cette rencontre a permis d’aborder le droit des personnes aveugles et malvoyantes aux élections. Il en est ainsi de l’utilisation du « carton à braille ». Ils auront ainsi la possibilité de voter. Ce matériel va leur permettre, en effet, d’identifier le numéro des candidats. L’adaptation du bulletin de vote ‘perforé’ braille sera une particularité significative de l’élection présidentielle 2023, mettant fin à la fréquence relative du vote assisté. Ceci a été possible grâce au Fonds africain des élections (African Election Fund du PNUD) financé par le gouvernement allemand. Le CENI de son côté envisage d’organiser un débat télévisé pour les 3 des candidats. Ce débat n’était pas prévu pour ce premier tour, vu que le nombre des candidats en lice mais avec le refus du collectif des 10 candidats de se lancer dans la campagne électorale, la CENI s’est réorganisée. Ce débat doit ainsi se dérouler le 13 novembre et opposera, Andry Rajoelina, Siteny Randrianasoloniaiko et Sendrison Daniela Raderananirina.


Laisser un commentaire