La Réunion : La renommée culinaire de la bichique

La bichique est un tout petit poisson capable d’escalader des montagnes. Il désigne l’alevin de deux espèces de poissons très proches, mais distinctes : Sicyopterus lagocephalus et Cotylopus acutipinnis deux espèces désignées couramment, une fois adulte, par les noms vernaculaire de « cabot à tête de lièvre » et de « cabot bouche ronde ». Après avoir pondu en amont des rivières, le poisson voit ses œufs emportés par le courant jusqu’à l’océan. On les trouve dans les eaux tropicales côtières des îles de l’océan Indien (Madagascar, Mayotte, Réunion, Maurice, …), à l’embouchure des rivières ainsi qu’en eau douce. Sa renommée culinaire à la Réunion a aussi atteint des sommets. Chaque année, il fait l’objet de toutes les convoitises et le prix du kg s’envole. Les bichiques ne se mettent à remonter les cours d’eau qu’en été. A partir du mois d’octobre à la nouvelle lune, lorsqu’ils mesurent environ 30 mm, les alevins se regroupent aux embouchures des rivières. Ils vont commencer leur remontée et la pêche est ouverte.
Le cari bichique, « bisik » en créole, est tellement apprécié que les Réunionnais n’hésitent pas à le payer entre 30 à 50 euros le kilo. Il est entré dans un proverbe local : « poison i manz bisik », à traduire par : « la raison du plus fort est toujours la meilleure ». Ce poisson a même sa fête, en octobre sur la côte Est. Car c’est surtout sur la côte au vent, la plus arrosée, que cette pêche se pratique. Ses remontées sont favorisées par les périodes de pluies. Ainsi, la Rivière des Roches est un haut lieu de la pêche aux bichiques. Son estuaire est divisé en plusieurs canaux, construits de galets empilés et de sacs de sable de 10 à 20 kg.

À La Réunion, cette nouvelle se répand rapidement de bouche-à-oreille sous la forme bichik la monté! Dès lors, les petits sont avidement pêchés grâce à une série de nasses coniques appelées « vouves » placées à l’embouchure des rivières de l’est. Constituant un mets apprécié dans l’île, l’alevin est un produit de luxe dont le kilogramme peut atteindre 80 euros.

Cette année, après un mois de septembre à sec, les bichiques remontent doucement les rivières. Ils sont durs à trouver pour les consommateurs car environ 300 kilos pêchés à ce jour, contre 800 l’an dernier. Les vouves sont en place et attendent les bichiques. Plusieurs hypothèses sont mises en avant comme la sécheresse et la population en hausse des baleines. Mais pour éviter leur disparition, la pêche est aujourd’hui réglementée comme la trie des espèces qu’il faut protéger. Mais aussi, la pêche est autorisée de septembre à février et doit respecter plusieurs règles. Il est par exemple interdit de pêcher dans ce canal réservé à la reproduction. Jean Marceau Maillot, Pêcheur professionnel déclare que les vouves sont immatriculées il y a les petits logos dessus : « c’est comme moi, il y a le numéro de permis. Pas avec le plastique, pas avec les pesticides. On pêche avec les « gonis » et c’est tout. On est obligé de revenir comme avant. Pour protéger, pour avoir un peu plus de bichiques ». La saison commence avec deux mois de retard. Cette année ne sera donc pas très riche en bichique. Suite aux dernières fortes pluies. Les bichiques sont arrivés à la Rivière du Mât Saint-André, vendus à partir de 110 euros le kilo, la pêche est compliquée depuis l’ouverture officielle de la saison au mois de septembre où aucun alevin n’a remonté les cours d’eau.


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