Mayotte : Immigration clandestine, violence… 6 mois après le début de « Wuambushu »

Un habitant remplit des bidons d’eau potable près du bidonville du quartier Talus 2 à Koungou (Mayotte), le 23 mai 2023. PHILIPPE LOPEZ/AFP

Situé au milieu du canal du Mozambique, le département français vit au rythme des opérations policières contre les violences et les arrivées irrégulières de migrants. Coup de projecteur sur l’île, un peu plus de six mois après le début de l’opération « Wuambushu » voulue par Gérald Darmanin.

Si on revient sur l’opération Wuambushu qui est une opération policière française en cours à Mayotte depuis le 24 avril 2023, visant à expulser les étrangers en situation irrégulière, à détruire les bidonvilles et à lutter contre la criminalité dans l’archipel. Entre le territoire mahorais, qui est français, et l’archipel des Comores, qui a choisi l’indépendance, les échanges sont nombreux. Cependant, les 70 km qui séparent les deux îles sont l’objet de toutes les attentions des forces de l’ordre françaises vu que la majorité de l’immigration clandestine qui débarque à Mayotte est comorienne et passe par ces fragiles embarcations que sont les kwassa-kwassa. Il s’agit d’un nom comorien d’un type de canots de pêche rapides de 7 à 10 m de long pour 1 m de large, à fond plat et équipés aujourd’hui d’un ou deux moteur(s). Il y a aussi rattaché à cela, ce qu’on appelle « drame des kwassa » pour parler des personnes qui périssent chaque année en tentant de se rendre sur l’île de Mayotte, de manière illégale et dont la traversée de 70 km dans un bras de mer est réputée pour être particulièrement périlleuse entre Anjouan et Mayotte.

Le policier aux frontières, Mamadou partage son expérience à bord de l’intercepteur de la brigade nautique. Comme quoi, les nuits sans interception de bateaux sont source de frustration, surtout compte tenu de l’activité maritime incessante. De ce fait, les migrants arrêtés expriment souvent un soulagement à l’idée d’être en sécurité, après des heures passées en mer dans des conditions précaires, et que la plupart ne savent pas nager. À cela s’ajoutent les bateaux chargés de marchandises, des kwassa-Amazon, des barques de livraison qui font le chemin inverse. Le policier Mamadou indique également qu’il y a quelques mois, ils ont intercepté une embarcation chargée d’ordinateurs qui se dirigeait vers les Comores. C’était le fruit du cambriolage d’un établissement scolaire mahorais. Il arrive aussi que des migrants partagent le kwassa-kwassa avec de la marchandise, notamment des cigarettes de contrebande pour la France. Un autre policier confie même que de janvier à octobre 2023, nous avons mis la main sur près de 36 000 cartouches de cigarettes.

Cependant, l’opération Wuambushu n’a pas réussi à endiguer le flot de migrants ou à réduire significativement la délinquance. Les kwassa-kwassa, fragiles embarcations utilisées par les migrants, continuent d’arriver à Mayotte.


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