
Selon la définition de l’Organisation mondiale de la santé, la violence sexuelle est tout acte sexuel, que ce soit une tentative pour obtenir un acte sexuel, commentaire ou avances de nature sexuelle, ou actes visant à un trafic ou autrement dirigé contre la sexualité d’une personne en utilisant la coercition. Il est commis par une personne, indépendamment de sa relation avec la victime, dans tout contexte, y compris, mais sans s’y limiter, le foyer et le travail. Très courante, cette violation des droits humains est considérée comme l’une des plus traumatisantes et omniprésentes à la fois. La violence sexuelle pose de graves problèmes de santé publique et elle entraîne d’importantes répercussions, à court ou à long terme, sur la santé physique et mentale, il s’agit d’un danger pour la santé sexuelle et risques majorés de suicide ou d’infection au VIH-1. En outre, certaines violences sont accompagnées d’assassinats soit durant une agression sexuelle, soit comme crime d’honneur après l’agression. Même si les principales victimes des violences sont les filles et les femmes, le problème peut frapper n’importe quelle personne, quel que soit son âge. Les auteurs de violences peuvent être des parents, des soignants, des connaissances, des étrangers ou des partenaires. Ces violences procèdent rarement d’un crime passionnel ; au contraire, elles expriment le désir de puissance et de domination sur la victime. D’où l’exposition « Psychotraum’artistes » dévoilée à l’université par l’association Alon Féminisme Réunion (AFR), un engagement contre les violences faites aux femmes. L’AFR est une association composée de militantes féministes bénévoles de tout âge et de diverses professions. Elles se retrouvent autour d’un objectif commun c’est dénoncer les inégalités et les violences masculines que les femmes subissent à La Réunion comme ailleurs, et déconstruire le sexisme. Elles élaborent et réalisent ainsi des actions visant à atteindre cet objectif. Organisée en ce moment à la bibliothèque universitaire des sciences au campus du Moufia, le sens de l’exposition « Psychotraum’artistes » c’est témoigner des violences sexuelles au travers de dessins, de peintures, de collages ou encore de sculptures. Élise Amy, présidente de l’association Alon féminisme Réunion explique que c’est une exposition artistique sur les violences sexuelles et les psychotraumatismes qui en résultent. Puis que les 36 œuvres exposées et réalisées par les victimes elles-mêmes sont le fruit de la créativité de survivantes de violences sexuelles, qui ont souhaité exprimer les conséquences sur leur vie. Mais aussi, en plus de créer une opportunité d’expression, l’exposition a aussi pour objectif d’apporter un éclairage scientifique sur les mécanismes psychotraumatiques, sur les dommages psychiques qui surviennent très fréquemment suite à des violences sexuelles.
Les mécanismes psychotraumatiques sont en effet encore aujourd’hui trop peu connus du grand public comme de certains professionnels en contact avec les victimes. La validation du contenu scientifique de l’exposition a été réalisée par le docteur Christine Visnelda-Douzain, psychiatre spécialiste des psychotraumas, poursuit Élise Amy, qui porte ce projet afin de sensibiliser le public, tout en accompagnant « ces femmes résilientes ».


Laisser un commentaire