Maurice : la lutte contre la drogue est l’une des principales priorités

L’abus de drogues à l’île Maurice remonte aux années 1970 lorsque l’héroïne y a été introduite pour la première fois. Depuis lors, le problème a atteint des niveaux alarmants. Le rapport mondial sur les drogues de 2010 a révélé que l’île Maurice avait la plus forte prévalence de consommation d’opiacés en Afrique. Selon l’étude Integrated Behavioural and Biological Surveillance (IBBS) de 2020, le nombre estimé d’utilisateurs actifs de drogues par injection à Maurice s’élevait à 6 600. En décembre 2021, les résultats de la première enquête nationale sur l’usage de drogues ont révélé l’ampleur de la consommation de drogues par d’autres voies que l’injection. Selon cette enquête, environ 55 000 personnes âgées de 18 à 59 ans à Maurice utilisent des drogues illicites par d’autres voies, ce qui représente environ 7,4 % de la population de cette tranche d’âge.

La consommation de drogue à Maurice est un problème croissant qui pose de graves défis à la société mauricienne. Le nombre de consommateurs de substances illicites à Maurice a été affecté par l’accès à la drogue synthétique. Les produits de qualité nocive sont les plus  populaires auprès des jeunes consommateurs en raison  de leur prix accessible.Le zamal, une forme de cannabis, est la drogue la plus consommée à Maurice, mais d’autres drogues, telles que la cocaïne, la méthamphétamine et l’héroïne, sont également de plus en plus répandues. La consommation de drogue à Maurice est particulièrement préoccupante chez les jeunes. Selon une étude de l’Institut national de la santé (INS), 17 % des jeunes âgés de 15 à 24 ans ont consommé de la drogue au cours de leur vie. Ce chiffre est en augmentation constante depuis plusieurs années. Sa consommation a des conséquences néfastes sur la société mauricienne. Elle est associée à une augmentation de la criminalité, de la violence et de la délinquance. Elle peut également avoir des effets négatifs sur la santé physique et mentale des consommateurs.  Selon Kunal Naik, psychologue et addictologue, la demande augmente non parce qu’il y a plus de personnes dépendantes de la drogue, mais parce qu’il y a eu un changement de mœurs et qu’elles sont désormais plus enclines à demander de l’aide. Il ajoute ainsi que, depuis quelque temps, la xylazine, ou la drogue zombie, a été identifiée à Maurice. En même temps, la white lady ou Crystal Meth est très prisée dans certains quartiers, où trois jeunes ont  perdu la vie dans des circonstances qui ont fait planer des doutes quant à l’origine de leur décès.

Mais les jeunes ayant une addiction liée à la drogue ne sont pas tous des utilisateurs de substances chimiques.  Le gouvernement mauricien a ainsi pris des mesures pour lutter contre la consommation de drogue, notamment en renforçant les contrôles aux frontières et en augmentant les peines encourues pour les trafiquants et les consommateurs. Cependant, ces mesures n’ont pas encore été suffisantes pour enrayer le problème. Cependant, Pravind Jugnauth s’appuie 
sur le rapport Lam Shang Leen pour lutter contre la prise de drogue, en affirmant que la lutte contre la drogue est l’une des principales priorités de son gouvernement, mais a également  fait ressortir que deux projets gouvernementaux actuels sont en ligne directe avec les recommandations du rapport Lam Shang Leen , soit le ré-enregistrement des cartes SIM, et la création de la Financial Crimes Commission.

La campagne nationale « Unis contre la drogue » a été lancée pour sensibiliser la population, en particulier les jeunes, à l’impact des abus de drogues sur les familles et la société. Il a souligné l’importance à être accordée à l’éducation afin que les enfants deviennent des adultes responsables de même que l’encadrement et la présence parentale dans la vie d’un enfant. Mario Ah-Sian, responsable du centre d’accueil de Terre-Rouge indique que le traitement de l’addiction à la drogue est basé sur un programme à long terme” La prise en charge repose sur un traitement psychologique et médicamenteux. “C’est une question de patience. 


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