
Deux jeunes femmes majeures ont été déférées jeudi dernier devant le parquet de Moroni, accusées de faits qualifiés de « contraires aux bonnes mœurs » et « contre nature ». Selon le dossier d’accusation, les deux jeunes filles, âgées de 22 et 24 ans, se seraient présentées devant un prédicateur de leur localité pour lui demander de les unir par les liens du mariage. Le prédicateur aurait refusé de célébrer la cérémonie, expliquant que le mariage homosexuel n’était pas autorisé par la loi islamique. Les deux jeunes femmes auraient alors insisté, affirmant qu’elles étaient déterminées à officialiser leur union.
Bien que l’enquête n’ait pas établi qu’elles se soient réellement mariées devant un Cadi ou un prédicateur, il est clairement démontré qu’elles entretenaient une relation amoureuse depuis près de deux ans et qu’elles vivaient ensemble. Ces informations confirment le caractère discriminatoire des charges retenues contre les deux jeunes femmes, qui sont poursuivies pour leur orientation sexuelle et non pour un acte illégal.
Les charges retenues contre les deux jeunes femmes sont fondées sur les articles 300 du Code pénal comorien, qui punissent les « actes contraires aux bonnes mœurs » et les « attentats à la pudeur ». Ces articles, jugés liberticides par de nombreux observateurs, datent de l’époque coloniale et n’ont jamais été révisés. Les deux femmes ont été remises en liberté provisoire dans l’attente de leur procès, qui devrait avoir lieu dans les prochaines semaines. Si elles sont reconnues coupables, elles risquent des peines de six mois à deux ans de prison et une amende de 300 000 francs comoriens (KMK).
De nombreuses organisations de la société civile comorienne et internationale ont appelé à la libération des deux jeunes femmes et à l’abrogation des articles liberticides du Code pénal. Cependant, le procès des deux jeunes femmes est considéré comme une affaire test pour les droits LGBT+ aux Comores. Le verdict du tribunal pourrait avoir un impact important sur la situation des personnes LGBT+ dans le pays.


Laisser un commentaire