
Lundi matin, le Palais d’Anosikely, siège du Sénat malgache, a été le théâtre d’une interruption inattendue : une coupure d’électricité en pleine session extraordinaire. Bien que cette panne n’ait duré que 7 minutes et 15 secondes, elle a suffi à déclencher l’indignation des sénateurs et à exposer les faiblesses profondes du système énergétique du pays.
L’indignation des sénateurs
Alors que le Premier ministre Christian Ntsay présentait la Politique Générale de l’État, la coupure de courant a brutalement interrompu les débats. Cet incident, survenu dans un lieu symbolique du pouvoir, a suscité la frustration des parlementaires. Ils ont dénoncé l’ironie d’une telle panne au sein même d’une institution gouvernementale, y voyant un signe criant de l’incapacité du pays à garantir un service énergétique fiable. Des voix se sont élevées parmi les sénateurs pour exiger des mesures immédiates, mettant en avant la nécessité d’assurer la continuité des travaux au sein des institutions publiques.
Une situation critique
La coupure de courant au Palais d’Anosikely n’a pas seulement perturbé une session parlementaire ; elle a mis en lumière des problématiques plus larges liées à la gestion des ressources énergétiques à Madagascar. Le président du Sénat, Rivo Rakotovao, et le Premier ministre, Christian Ntsay, ont exprimé leurs inquiétudes quant à la gestion de la compagnie nationale d’électricité et d’eau. Le Premier ministre a évoqué des cas de vol de carburant au sein de cette société d’État, suggérant que ces dysfonctionnements pourraient expliquer la fréquence des délestages. Pour remédier à cette situation préoccupante, il a proposé la mise en place d’un tableau de bord de gestion et un audit complet des opérations de la société, afin d’identifier et corriger les failles existantes.
Vers une réforme en profondeur
Cet incident a ravivé les débats sur la nécessité d’une réforme structurelle du système énergétique malgache. Les sénateurs, tout en dénonçant la gestion actuelle, ont souligné l’urgence d’une refonte complète du réseau électrique pour en améliorer la résilience. Si la proposition d’audit et d’instauration d’un tableau de bord de gestion sont des premières étapes importantes, leur mise en œuvre sera cruciale pour juger de leur efficacité à redresser la situation. L’incident d’Anosikely doit servir de signal d’alarme pour que des actions coordonnées soient rapidement mises en place, non seulement pour garantir le bon fonctionnement des institutions gouvernementales, mais aussi pour prévenir les coupures prolongées qui affectent les quartiers tels qu’Ambohimanarina.
Fitiavana HARISOA


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