
Les chambres régionales des comptes de La Réunion et de Mayotte ont participé à une enquête menée avec la Cour des comptes et d’autres chambres d’outre-mer pour évaluer l’enseignement supérieur et la recherche dans ces territoires. Dans les régions d’Outre-mer, les défis sont souvent communs : des taux de chômage et de pauvreté plus élevés que dans l’Hexagone, et des besoins spécifiques en termes de formation et de recherche. Dans ce contexte, la chambre régionale des comptes (CRC) a formulé plusieurs recommandations visant à renforcer l’Université de Mayotte (UMAY) pour qu’elle devienne un acteur pleinement intégré et efficace du développement local.
Une Université en pleine évolution mais confrontée à des défis
L’Université de Mayotte, installée sur un site unique de 2,3 hectares, propose une offre de formation pluridisciplinaire dans quatre grands départements : droit, économie et gestion ; lettres et sciences humaines ; sciences et technologies ; et sciences de l’éducation. Depuis sa transformation en EPSCP (établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel) en janvier 2024, l’UMAY accueille environ 2 000 étudiants et vise à devenir un acteur majeur de l’enseignement supérieur dans l’océan Indien.
Malgré cette transformation, les difficultés demeurent. Les infrastructures actuelles ne sont pas suffisantes pour répondre aux besoins croissants des étudiants, et le manque d’hébergement pour ces derniers représente un obstacle important. Sur le plan de la recherche, l’activité reste limitée avec la présence de seulement deux organismes de recherche : le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) et le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). La CRC note que, bien qu’elle regroupe l’essentiel des chercheurs de Mayotte, l’université n’est pas encore reconnue comme un centre de recherche incontournable.
Des recommandations pour une structuration et une offre de formation adaptées
Face à ces défis, la CRC propose plusieurs mesures pour améliorer la structuration et l’organisation de l’UMAY. Elle recommande notamment de renforcer le pilotage de l’offre de formation et d’adapter cette dernière aux besoins spécifiques du territoire. Ainsi, la convention avec l’Université de La Réunion, qui concerne les masters métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation (MEEF), pourrait être simplifiée lors de son renouvellement en 2024 afin de faciliter la collaboration.
La chambre régionale des comptes insiste également sur l’importance d’établir des formations en lien avec les besoins locaux, afin de favoriser l’insertion professionnelle des jeunes diplômés dans des domaines qui répondent aux enjeux de Mayotte.
Le besoin de développer des infrastructures et une stratégie immobilière
La question des infrastructures est centrale dans les recommandations de la CRC. Les locaux de l’UMAY sont saturés, ce qui limite la capacité d’accueil et restreint les activités de recherche et de vie étudiante. La CRC souligne qu’il est essentiel de construire de nouveaux locaux pour accompagner la croissance de l’université. Cependant, ces projets de construction doivent être encadrés par une stratégie immobilière bien définie, qui inclurait une planification financière et logistique rigoureuse pour anticiper les coûts et optimiser l’usage des nouvelles surfaces.
Des mesures pour l’avenir de l’Université de Mayotte
Les recommandations de la CRC visent à renforcer la structuration interne de l’UMAY, à optimiser son offre de formation en lien avec les besoins du territoire et à développer ses infrastructures pour accueillir davantage d’étudiants dans des conditions optimales. Avec une meilleure organisation et des locaux adaptés, l’université pourrait devenir un acteur essentiel pour l’insertion professionnelle et le développement économique de Mayotte.
En résumé, pour garantir un enseignement supérieur de qualité, la mise en œuvre de ces recommandations apparaît cruciale. L’UMAY a déjà commencé à préparer un schéma directeur de formation pour la période 2024-2040. Ce plan tient compte de la démographie étudiante, des contraintes d’infrastructures, et des priorités locales en matière d’orientation et d’insertion.
Nadia RAKOTOARISOA


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