L’Union pour la Sécurité de Mayotte : Une réponse à une insécurité grandissante

Face à une insécurité alarmante qui asphyxie Mayotte, Kira Bacar Adacolo, président de l’Union pour la Sécurité de Mayotte (USM), entend rétablir la paix sociale sur l’île. Avec un discours rassemblant toutes les sensibilités politiques, il propose des mesures concrètes pour répondre aux violences quotidiennes qui minent la vie des Mahorais.

Un contexte sécuritaire préoccupant

Mayotte est quotidiennement frappée par des violences qui touchent toutes les couches de la société. Les scènes de caillassages, barrages routiers et agressions se multiplient, créant un climat de peur permanent. « Tout le monde vit dans la peur. On n’ose plus sortir à certains moments ou dans certains endroits », déplore Kira Bacar Adacolo.

Des témoignages poignants viennent illustrer ce climat d’insécurité. Un élève du lycée de Kahani confie : « J’ai peur quand je prends le bus ou quand je sors du lycée s’il y a des jeunes. » Les citoyens craignent pour leur sécurité sur les routes, où les attaques, souvent menées par des jeunes armés de cailloux ou de machettes, se succèdent sans véritable amélioration.

Pour Kira Bacar Adacolo, cette insécurité est également le résultat d’une immigration clandestine mal maîtrisée. Il appelle à un renforcement de l’arsenal législatif et militaire pour reprendre le contrôle.

Une initiative ambitieuse

Créée le 2 juin 2024, l’Union pour la Sécurité de Mayotte (USM) est née de la volonté de dépasser les clivages politiques pour s’attaquer à l’insécurité. « La sécurité n’est pas un tabou pour la gauche, elle rassemble toutes les mouvances politiques », affirme Kira Bacar Adacolo. Inspiré par la démarche de Jean-Pierre Chevènement, il souhaite structurer l’USM autour de statuts clairs, d’un règlement intérieur et d’une charte d’éthique.

L’USM a tenu sa première assemblée générale constitutive le 1er décembre 2024 à Combani. Lors de cette réunion, les membres ont adopté les bases organisationnelles de ce mouvement qui ambitionne de devenir un acteur incontournable de la scène politique mahoraise.

Des mesures concrètes pour un territoire apaisé

L’USM propose des solutions spécifiques pour répondre à l’urgence sécuritaire. Parmi elles, la création d’un centre de redressement pour mineurs, encadré par des militaires, afin d’offrir une alternative éducative et disciplinaire à l’incarcération. « Il faut sanctionner les jeunes délinquants, mais en même temps les préparer à devenir des citoyens », soutient Kira Bacar Adacolo.

Autre priorité : l’instauration de corridors sécuritaires pour garantir la sécurité des déplacements sur l’île. « C’est le b.a.-ba pour permettre aux gens d’aller travailler et de rentrer chez eux en toute sécurité », insiste-t-il.

Enfin, l’USM plaide pour des réformes législatives visant à durcir l’accès à la nationalité et à renforcer les contrôles aux frontières, notamment via le déploiement de la Marine nationale.

Les défis d’une île en crise

Malgré ces propositions, les défis restent nombreux. Les violences, qualifiées de « guérillas civiles organisées » par Kira Bacar Adacolo, pourraient, selon lui, conduire à une guerre civile si rien n’est fait.

Par ailleurs, les solutions proposées, comme le recours à des militaires ou la création d’un centre de redressement, suscitent des débats sur leur efficacité à long terme et leur impact sur le tissu social.

Nadia RAKOTOARISOA


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