Mayotte: Une rentrée scolaire sous tension entre grève et défis éducatifs

La rentrée scolaire à Mayotte s’est déroulée dans un climat particulier cette année. Entre mobilisation sociale et volonté de relancer l’école, le recteur Jacques Mikulovic s’est rendu sur le terrain pour évaluer la situation. Malgré un mouvement de grève d’une partie des enseignants, le recteur affiche un « plutôt positif » et insiste sur la nécessité de faire redémarrer l’école dans de bonnes conditions.
Un retour en classe marqué par la grève
Accompagné du préfet de Mayotte, Jacques Mikulovic a visité plusieurs établissements, dont une école élémentaire de Mamoudzou et le lycée de Chirongui. Son constat est nuancé : « Les enfants étaient contents de revenir à l’école, même si certains étaient en larmes car leurs professeurs étaient en grève… » at-il confié.
Une partie des enseignants a en effet choisi de se mobiliser, réclamant que l’aide exceptionnelle accordée aux agents à bas salaire soit étendue à l’ensemble des personnels. Une revendication entendue par la ministre du Travail, Élisabeth Borne, selon le recteur, qui appelle néanmoins à dépasser les tensions : « Il faut sortir de tout ça. Il faut faire redémarrer l’école avec les élèves et les enseignants. Tout le monde a envie de reprendre. »
Une rentrée sous surveillance
Au-delà des revendications sociales, la rentrée scolaire 2024 était également placée sous surveillance après le passage du cyclone Chido. Le recteur s’est montré rassurant quant à la présence des élèves et des enseignants : « Ce matin, au collège de Pamandzi, les professeurs étaient tous présents ainsi que les élèves, ce qui est rassurant car on craignait des disparitions suite au passage de Chido … »
La Sécurité civile mobilisée pour reconstruire et protéger
Un autre défi de cette rentrée concerne l’état des infrastructures scolaires. Le lycée de Chirongui héberge actuellement des membres de la Sécurité civile du secteur sud, arrivés le 23 décembre dernier. Leur mission est essentielle : sécuriser les bâtiments, stabiliser la production d’eau potable et remettre en état les établissements scolaires affectés.
Le capitaine Thea, cheffe du détachement du secteur sud, a expliqué leur rôle : « Notre mission principale est de mettre en sécurité les bâtiments mais aussi les personnes. Nous remettons en état les établissements scolaires de l’île. »
Outre ces travaux de réparation, la Sécurité civile a également distribué de l’eau potable, des bâches et du matériel de protection pour les sites endommagés. Ces équipes, qui fonctionnent par rotations de six semaines, resteront aussi longtemps que nécessaire pour garantir un retour à la normale.
Nadia RAKOTOARISOA


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