
Après le passage du cyclone Chido, qui a frappé durement Mayotte, une convention tripartite entre l’association Régions de France, le Conseil départemental et la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) a permis de débloquer 540 000 euros d’aide. Destinée aux personnes les plus vulnérables, cette enveloppe prend la forme de bons alimentaires et d’équipements, dans l’espoir d’apporter un soulagement immédiat aux foyers affectés. Mais cette aide déclenche également une réflexion plus large sur la capacité du territoire à renforcer sa résilience économique.
L’urgence humanitaire – des bons pour soulager les plus fragiles
La convention signée le 12 mars par Carole Delga, présidente des Régions de France, Ben Issa Ousseni, président du Conseil départemental, et Mohamed Ali Hamid, président de la CCI, vise à soutenir les familles vulnérables. 2 050 bons alimentaires de 100 euros et 670 bons d’équipements de 500 euros seront distribués à travers les Unités Territoriales d’Action Sociale (UTAS). Les priorités sont claires, c’est d’aider les personnes âgées et celles en situation de handicap, dans un contexte où le cyclone a aggravé les difficultés sociales.
Un soutien qui bénéficie aux commerçants mahorais
Cette aide ne concerne pas que les bénéficiaires directs. Les bons devront être utilisés dans des commerces partenaires locaux, ce qui injecte de la liquidité dans l’économie de l’île. Les commerçants auront jusqu’à septembre pour présenter les bons à la CCI et être remboursés. « Ces bons permettent à la population d’acheter directement dans les commerces », souligne Ben Issa Ousseni. Un choix qui valorise le tissu entrepreneurial local, même si certains regrettent que l’aide n’arrive qu’après le début du ramadan.
Un pas vers une résilience économique plus durable
Au-delà de cette aide ponctuelle, Régions de France a débloqué au total 3,5 millions d’euros pour Mayotte, incluant des prestations de services et du soutien aux soins d’urgence. Mais la question de la préparation aux catastrophes climatiques plane encore. L’aide alimentaire et matérielle est essentielle, mais l’accompagnement durable des entreprises et des familles mahoraises pour faire face aux prochaines crises sont tout aussi en suspens.
Un premier pas vers la reconstruction
En apportant un soutien immédiat tout en stimulant l’activité locale, cette initiative montre l’importance des coopérations interrégionales. Mais la véritable relance passera par des mesures structurelles pour renforcer les capacités locales, améliorer les infrastructures et préparer Mayotte aux défis climatiques à venir. L’aide post-Chido est un signal fort : celui d’une solidarité qui pour être pleinement efficace doit s’inscrire dans le temps.
Hadjani ANDRIANARINIVO


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