
Madagascar, terre de contrastes et d’énergies fluctuantes, s’apprête à écrire un nouveau chapitre dans sa lutte contre les coupures de courant qui paralysent le quotidien des Malgaches. Le président Andry Rajoelina promet de dire adieu aux délestages d’ici un an, en s’appuyant sur un plan ambitieux : une révolution solaire qui mise sur des parcs d’envergure.
Des projets solaires en guise de remède miracle
Le chef de l’État ne manque pas de superlatifs pour vanter cette transition énergétique. Au menu : 250 mégawatts d’énergie solaire, dont 150 mégawatts pour le Réseau interconnecté d’Antananarivo (RIA), l’artère électrique de la capitale et ses alentours. Le clou du spectacle sera sans doute le parc solaire flottant du lac Iarivo à Ivato, projet-phare qui devra briller de mille feux avant le sommet de la SADC, prévu en août prochain. Une course contre la montre est engagée, avec l’arrivée du matériel au port de Toamasina et une promesse de mise en service éclair.
Objectif affiché : réduire la dépendance aux groupes thermiques, ces générateurs polluants qui brûlent les finances publiques à hauteur de 160 millions de dollars par an. Pour Rajoelina, l’avenir passe par le soleil et un arsenal d’équipements écologiques capables de stabiliser un réseau électrique en crise.
L’urgence d’une transition écologique
La dépendance aux énergies fossiles coûte cher à Madagascar. JIRAMA, l’entreprise nationale d’électricité, joue les équilibristes budgétaires en louant des générateurs privés, grevant les ressources de l’État et hypothéquant l’avenir énergétique. Miser sur le solaire est une option économique, mais aussi environnementale. Les parcs solaires promettent de réduire les importations de carburant et, par ricochet, les émissions de CO2. Un investissement qui sonne comme une évidence à l’heure où la planète s’échauffe.
Le gouvernement entend également renforcer l’autonomie de la JIRAMA en acquérant ses propres groupes thermiques, une stratégie visant à limiter le recours coûteux aux locations privées. Tout cela, en théorie, devrait permettre de réduire la facture énergétique tout en répondant aux besoins d’une population toujours plus avide d’électricité.
Des obstacles à franchir
Si le plan semble limpide sur le papier, le chemin vers sa réalisation est semé d’embûches. Retards accumulés, changements de cap fréquents au sein de l’administration, et une exécution souvent laborieuse : le défi est de taille. Pour atteindre l’objectif d’en finir avec les délestages en 2025, le gouvernement devra prouver sa capacité à suivre scrupuleusement l’avancement des travaux et à anticiper les futures demandes énergétiques.
Une révolution solaire qui réussit pourrait inspirer d’autres nations insulaires de l’océan Indien, elles aussi confrontées aux mêmes écueils énergétiques. Mais pour l’heure, Madagascar reste sous tension, et la question reste posée : l’énergie solaire est-elle vraiment la lumière au bout du tunnel ?
Hadjani ANDRIANARINIVO


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